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1997 me doit des comptes

Depuis le début de sa diffusion, « Answer Me 1997 » (응답하라 1997, romanisation : EungDabHaRa 1997), un k-drama diffusé sur le câble, a fait trembler d’émotions toute une partie de la population coréenne. Il semblerait que le doux parfum de nostalgie qui s’en dégage déclenche une mélancolie chez les trentenaires coréens. Y compris moi, même si je ne suis pas encore trentenaire.

Il faut dire qu’en 1997 il s’en est passé des choses.

En 1997, la Corée traversait l’une de ses pires crises économiques. La fameuse crise asiatique, appelée « crise FMI » en Corée. Pour ceux qui étaient déjà adultes à l’époque, c’est le souvenir d’une période terriblement sombre et pleine d’incertitudes. Pour ceux qui étaient enfants ou adolescents, ce n’est pas beaucoup mieux. Sans vraiment comprendre ce qui se passait, on savait qu’il fallait faire attention à l’argent tout le temps, et on avait peur de tomber sur son père qui errait dans la rue alors qu’il était censé être au bureau parce que ça aurait voulu dire que, lui aussi, s’était fait remercié. Même de Paris, on voyait toutes les semaines une nouvelle famille coréenne faire leur valise et rentrer au pays du jour au lendemain.

Mais pour nous les jeunes, en 1997, il y avait H.O.T qui nous permettait de sortir la tête de cette pénombre. Sur l’écran de télévision, les adultes regardaient les images d’un énième suicide d’un père de famille qui avait fini par craquer, pendant que nous enregistrions une émission de musique où notre boysband préféré chantait devant des fans hystériques en k-way blanc.

Comment ça, vous ne savez pas qui est H.O.T ? Sans déc*nner ?

H.O.T fait partie des Idol originel, la toute première vague de groupes qui a déchaîné les foules, au même titre que Sech Kies, S.E.S, FinK.L, Shinwha et GOD. Dans ces 6 groupes, on retrouve d’ailleurs les fondations de 3 des plus grosses boîtes de production d’aujourd’hui, que sont JYP, DSP et SM.

Créé par la SM Entertainment, la même société qui a créé les Girls Generation et Super Junior, H.O.T était composé de 5 membres (Moon Hee-Joon, Kangta, Tony, Lee Jae-Woon et Jang Woo-Hyuk) et a créé un fandom qu’on peine à imaginer aujourd’hui. Les fans étaient prêts à tout pour approcher leur idoles, passer une nuit devant les boutiques pour être parmi les premiers à pouvoir acheter les nouveaux CDs, à traverser toute la Corée pour les voir chanter (ou plutôt faire du playback), camper pendant plusieurs jours devant les salles de concert, voire la maison des H.O.T… Personnellement, j’étais un tout petit peu jeune pour participer à cette hystérie, mais j’aurais eu 2 ou 3 ans de plus, qui sait si je n’aurais pas, moi aussi, campé dans la rue lors d’un passage à Séoul.

C’est le décor dans lequel démarre « Answer Me 1997 ». C’est l’histoire assez simple d’un groupe d’amis, lycéens en 1997, et la façon dont chacun évolue jusqu’en 2012. Très bien écrit, d’une justesse rare, les personnages sont attachants chacun pour des raisons différentes et interprétés par de jeunes acteurs qui s’en tirent très bien. Mais la véritable force de « Answer Me 1997 » est encore ailleurs. C’est la reconstitution parfaite de la fin des années 90 qui nous rend mélancolique en enchaînant les épisodes.

Non seulement la série reprend très parfaitement la culture fan de l’époque, mais très attentifs aux détails, les producteurs ont placé partout des clins d’œil que seuls ceux qui ont été adolescents en 1997 peuvent reconnaître. C’est le Dance Dance Revolution, le tamagotchi, les BDs qu’on lisait à l’époque, les émissions de télé, les séries, les magazines, les coupes de cheveux improbables pour imiter certaines stars, les beepers (ou Tatoo et autre Tam Tam en VF), les walkmans et les vieux casques, les marques de vêtements qui ont disparu depuis, la colathèque (discothèque pour les lycéens où on ne sert que du coca), les vieux modems 56k qui permettaient d’utiliser Internet OU le téléphone, certaines expressions d’argot de l’époque etc. La bande son n’est pas en reste puisque toutes les chansons qu’on entend sont d’époque et permettent de compléter parfaitement le tableau. Au final, le k-drama est comme une superbe time capsule qui nous permet de voyager, le temps d’un instant, en 1997.

Lors de la soirée annuelle remettant les grands prix de la musique, les fans attendaient devant la salle de cérémonie pour connaître le résultat de l’artiste de l’année. A gauche les fans de Sech Kies, à droite les fans de H.O.T

Dance Dance Revolution, ancêtre de Guitar Hero et autres

Le beeper, connu en France sous le nom de Tatoo ou encore Tam Tam

La série « Byul Eun Nae GaSeunAe » (별은 내 가슴에 », ou l’étoile dans mon coeur) série culte de 1997 ayant fait de Anh Jae Wook (안재욱) uns star

La disquette utilisée pour échanger des fichiers

Les coupes de cheveux qui faisaient fureur à l’époque.
A gauche une coiffure sortie du sitcom « 3 garçons, 3 filles » (남자 셋 여자 셋), un « Friends » à la coréenne
A droite, la coup de Shu du groupe S.E.S, premier girlsband de l’époque

Cerise sur le gâteau. Des petites plaisanteries sont insérées à droite à gauche, rajoutant une autre dimension à la série. Le premier de ces gags tourne autour de l’acteur choisi pour jouer Hak-Chan (학찬) , un des lycéens de la bande, qui n’est autre que Eun Ji-Won (은지원), l’ancien leader du groupe Sech Kies. Et il est simplement délicieux de voir Hak-Chan se vexer quand ses amis lui disent qu’il ressemble à Eun Ji-Won. Mieux encore, lorsqu’il visionne le film Seventeen (film datant de 1998 qui avait fait jouer les membres du groupe Sech Kies ), il critique le jeu… de Eun Ji-Won en disant désinvoltement que même lui jouerait mieux…

Cela suffit pour créer un engouement tellement énorme chez toutes les personnes qui ont entre 25 et 35 ans, qu’on parle de « syndrome ». Pas un jour ne passe sans qu’on parle du k-drama, de ses acteurs ou des événements d’époque qui y sont évoqués. Presque devenu un phénomène de société, on parle de cette époque plus simple, se rappelant de la personne qu’on était à l’époque avec nostalgie, et essayant de retrouver cette fraîcheur d’antan dans la personne qu’on est aujourd’hui.

Retrouvez ici une liste des chansons d’époque utilisées dans le k-drama.

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2 commentaires sur “1997 me doit des comptes

  1. Pingback: 2012 en K-drama « K-CULT

  2. Pingback: Pourquoi j’ai aimé Reply 1994 | K-CULT

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Cette entrée a été publiée le 23/09/2012 par dans K-Drama, et est taguée , , .

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