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Une grande mascarade

Ça aurait été trop bête d’être à Seoul et de ne pas faire un petit stop par un cinéma pour une pause cinématographique. Alors après de longues hésitations entre le gros buzz du moment qu’est « Werewolf Boy » (늑대소년 – romanisation : NeukDaeSoNyun), « Confession of a Murder » (내가 살인범이다 – romanisation : NaeGa SalInBeomIda) et « Masquerade » (광해 : 왕이 된 남자 – romanisation : GwangHae: WangYi Doen NamJa), j’ai finalement choisi ce dernier. Et croyez-moi le choix était plus que compliqué. Car le personnage principal du premier est interprété par l’adorable Song Joong Ki (송중기) (qui a été une révélation dans « Deep Rooted Tree ») et celui du second par le merveilleux Park Shi Hoo (박시후) (qui a fait fondre le cœur de milliers de femmes dans « The Princess’ Man »).

« Masquerade » n’a pas à rougir puisqu’il a en tête d’affiche Lee Byung Hun (이병헌), l’un des acteurs les plus bankables en dehors des frontières coréennes, ayant joué dans « Joint Security Area » « A Bittersweet Life » ou encore « I Saw The Devil ». Mais c’est surtout mon penchant pour l’histoire qui m’a décidé à aller voir ce film qui a raflé pas moins de 15 prix aux Grand Bell Awards, cérémonie des Oscars locale.

« Masquerade » se penche sur 15 jours manquant des annales de la dynastie Joseon, soit 2 semaines du règne du roi Gwanghae-Gun (광해군). Pourtant ces fameuses annales – inscrites au registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO – sont connues pour avoir inscrit absolument tout ; à titre d’exemple, lorsque le roi Taejong demande de ne pas y inscrire sa chute de cheval, les annales indiquent non seulement la chute, mais également la demande du roi de ne pas écrire ce chapitre. Par ailleurs, pendant toute la dynastie Joseon, ces annales sont extrêmement bien gardées et surveillées, si bien que même le monarque ne peut y accéder à sa guise. « Masquerade » nous livre sa propre interprétation du trou de 15 jours, en s’inspirant librement d’un commentaire du roi himself : chacun doit s’assurer de ne pas laisser de trace de ce qu’il souhaite le plus cacher.

Synopsis :

Gwanghae-Gun, 15ème roi de Joseon, recherche une doublure pour le remplacer occasionnellement lorsqu’il s’échappe du palais pour rejoindre une courtisane dont il est épris. D’ailleurs, il ne trouve le sommeil qu’auprès d’elle, puisqu’il vit constamment avec la peur d’être empoisonné par certains ministres ennemis. Son premier conseiller Heo-Gyun (허균) trouve dans un GiBang (기방, une maison de courtisanes) un comédien nommé Ha-Sun (하선), qui ressemble à s’y méprendre au roi. Quand les craintes de ce dernier se confirment et qu’il perd connaissance sous l’effet d’un poison, Heo-Gyun prend l’initiative de le remplacer par Ha-Sun, pendant qu’il fait soigner le roi dans le plus grand secret.

Gwanghae-Gun a été un roi controversé. D’ailleurs, il fait partie des deux rois ne possédant pas de nom de temple se terminant en –Jong ou –Jo comme tous les autres rois, et dont la tablette n’est pas conservée dans le sanctuaire royal Jongmyo.

Second fils d’une des concubines royales, Yi Hon, de nom de prince Gwanghae-Gun, n’aurait pas dû succéder au roi Seonjo. Cependant il fait ses preuves lors d’une énième invasion japonaise, lorsque son père et sa cour fuient la capitale, et qu’il est mandaté pour parcourir le pays et rassurer le peuple. En l’absence du roi, il devient un intérimaire du trône pour diriger la reconstruction en attendant le retour de ce dernier. Il gagne en popularité, mais ne peut prétendre au trône, surtout que la reine vient de donner naissance à un fils, Yeongchang-Daegun, digne héritier de la couronne. Mais coup de pouce du destin, Seonjo s’éteint soudainement et désigne avant de mourir Gwanghae-Gun comme son successeur.

Considéré, à juste titre, comme un fils illégitime par certains ministres, son règne est loin de se dérouler dans le plus grand calme. L’une des factions refuse de reconnaître Gwanghae-Gun comme le roi et complote pour faire couronner le fils de la reine. La faction qui soutient Gwanghae découvre la machination et fait exiler Yeongchang. Pour essayer d’instaurer un climat plus paisible, le roi tente de constituer une cour plus diversifiée, mais les ministres, sous prétexte qu’ils ont été les seuls à le soutenir, ne le laissent pas faire. Ils font accuser de grande trahison et exécuter tout élément qui ne servirait pas leurs intérêts, y compris la mère de Yeongchang, ancienne reine, sous les yeux d’un roi, impuissant.

C’est donc dans un bain de sang que débute le règne de Gwanghae. Finalement, après 15ans de règne, il sera renversé par une faction politique conservatrice qui ne pouvait reconnaître un fils illégitime comme un roi, sera exilé et mourra sur l’île de Jeju avec l’étiquette d’usurpateur du trône.

Cependant, les historiens aujourd’hui s’accordent pour dire qu’il fut un roi exceptionnel, notamment en comparaison de Seonjo son prédécesseur, et Injo son successeur. Parmi les grandes contributions de son règne, il faut surtout noter ses énormes efforts pour reconstruire le pays après les guerres survenues lors du règne de son père, particulièrement dans le palais ChangDeok, résidence royale classée aujourd’hui au patrimoine mondial de l’UNESCO. Excellent diplomate, il évite également des conflits avec les Ming et/ou les Manchous, permettant au peuple de ne pas revivre de nouvelles guerres.

Le palais Changdeok

Si ses contemporains ont tenté de faire de Gwanghae un mauvais roi, il est aujourd’hui vu comme une victime des conflits internes des différentes factions politiques, qui lui feront vivre une fin indigne, et ne lui accorderont pas, même à titre posthume, les honneurs normalement dus (un tombeau royal, et une tablette au sanctuaire royal), mais qui regagne ses galons plusieurs siècles plus tard pour ses nombreuses contributions au développement de Joseon.

Le modeste tombeau de Gwanghae-Gun, qui reçoit les honneurs d’un prince et non d’un roi

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5 commentaires sur “Une grande mascarade

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Cette entrée a été publiée le 14/11/2012 par dans K-Cinema, K-History, et est taguée , , .

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